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Le trophée des Prix TerrEthique : une oeuvre originale signée Manena

Écrit par : , le 28 février 2012

[chapitre[Présentation]]

 

Présentation

 

Pour récompenser les lauréats des Prix, TerrEthique a fait appel à Maria Magdalena Larrain, artiste plasticienne et céramiste. ”Manena” a alors imaginé cette oeuvre unique, conçue tout  spécialement pour honorer la pensée de la terre et du vivant. La technique (le “Raku”), les matériaux choisis, la symbolique : tout a un sens et tout a sa  place dans cette réalisation harmonieuse.

 

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[chapitre[Le portrait de Manena]]

 

Maria Magdalena Larrain

 

  [2]” Je suis née à Santiago du Chili.

Très jeune, j’ai manifesté une attraction particulière pour le modelage de la terre glaise et les arts plastiques en général. Je les pratiquais chez moi et plus tard, tout en suivant des études littéraires, j’ai participé à des ateliers en école d’art.

Je suis partie pour la France en 1975.

Quelques années plus tard, en 1981, je m’établis à Valence (Drôme) où parallèlement à mon travail d’éducatrice spécialisée je poursuis mes activités artistiques : poterie et céramique  avec Daniel Coulis, sculpture à l’Ecole d’art de Valence et dans l’atelier de Jean Larrivé  et peinture à l’école “L’Empreinte”.

Mon atelier, un petit espace aménagé dans un coin de ma cuisine, est précaire mais il me permet de travailler et d’organiser des expositions : “Librairie Notre Temps”, “Municipalité de Valence” et  3 expositions collectives dans  la “Salle des Clercs”.

Entre 2005 et 2007, je vis en Guyane. Dans ce pays de contraste culturel et de végétation exubérante, l’aventure du “modelage” prend une nouvelle dimension. La terre, dans une grande diversité de couleurs, se trouve dans la rivière, et il suffit de la ramasser pour la transformer en volume.

C’est en Guyane que j’inaugure mon premier atelier ouvert au public : je crée, je donne des cours et j’expose mon travail. Je prépare une exposition importante dans la « Galerie Inini » de Cayenne.

Les couleurs inspirent ma peinture et la diversité culturelle mes personnages.

De retour en France, en 2008, je renforce mon travail de modelage et de sculpture auprès de Marie Odile Torné, artiste de Perpignan. Avec elle et grâce à ses techniques, mes œuvres évoluent. Elles acquièrent plus de mouvement et de liberté.

C’est alors que je m’initie à la technique du « Raku » ; je donne des cours et je vends mes créations dans mon atelier.

J’expose des œuvres dans la Galerie Hourdin de La Rochelle de 2009 à 2010     .

Actuellement, je poursuis le modelage  en  Charente sud.  Je travaille le « Raku nu » afin d’honorer le prix littéraire de TerrEthique.

La terre est une passion que j’aime partager car son essence est vie et force créatrice, sa malléabilité est une source d’inspiration et son universalité permet la communication.

Cette terre chamottée que je modèle remplace peut être cette terre lointaine que j’ai laissé…”

 

Maria Magdalena Larrain, alias Manena, artiste plasticienne et céramiste

Le blog de Manena [3]

 

[chapitre[Le trophée]]

Le trophée

 

Une œuvre riche en symboles

Cette petite sculpture simple et épurée est le résultat d’une longue réflexion autour des valeurs promues par l’association TerrEthique. Elle est forte en symboles aussi bien par les matériaux qui la constituent que par son apparence.

Elle est composée de bois précieux (ébène), de terre cuite (polie et enfumée) et de métal (or).

L’ébène symbolise la force, la fibre, la puissance, la stabilité. C’est l’élément masculin qui rend la terre féconde, la surélève telle une offrande. 

La matière terre prend la forme du sommet d’une sphère polie. Elle émerge du carré d’ébène, fragile, dans une couleur rouge brique griffée d’une fente et de signes noirs gravés.

Cette sphère émergeante, rouge, élément féminin, symbolise la matrice, le cycle de régénérescence de la terre.  La fente représente le passage, le perméable, le mystère de la vie. Les signes évoquent l’écriture, la mémoire, la transmission, la connaissance…

 

 

Sur le sommet de la sphère, cinq graines en or reflètent la lumière, élément source. Précieuses, dorées, elles symbolisent la nourriture de chaque continent.

Ainsi notre travail à tous, cultivateurs, écrivains, artisans, artistes sera magnifié dans cette œuvre, cette sculpture symbole d’un accomplissement, récompense d’un travail abouti.

Nous avons souhaité, à travers cette œuvre, rendre hommage à la terre et aux auteurs engagés pour une nouvelle éthique de la gestion des ressources alimentaires.

De même que le fruit est la récompense du travail du cultivateur, le prix est la récompense du travail de l’intellectuel.

 

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La technique du Raku

Il s’agit d’une technique d’émaillage et cuisson à basse température d’origine coréenne qui s’est développée au japon à partir du XVème siècle. Elle y était utilisée à la fabrication de bols destinés à la cérémonie du thé. On utilise une terre chamottée (contenant des grains de brique concassés ou du sable) plus résistante aux variations et aux chocs  de température importants.

Les pièces déjà cuites ou biscuitées sont émaillées et soumises de nouveau à une cuisson (plus rapide) qui permet à l’émail de fondre. Incandescentes, les pièces sont enfumées, c’est à dire couvertes de matière combustible (sciure, paille, feuilles mortes, papier..)  afin de générer une réaction d’oxido-réduction. Elles sont ensuite plongées dans l’eau.

Ces chocs thermiques et réactions chimiques donnent lieu à des aspects de surface souvent inattendus et surprenants par leurs couleurs, leurs  reflets ou leurs reliefs.

Le Raku est une technique fascinante qui évolue et s’enrichit tous les jours grâce à des artistes tels que Camille Virot, Alain Vernis, et d’autres que vous pouvez découvrir  sur « raku expression.fr [5] ».

Le Raku donne à la terre une dimension magique de complétude. Les pièces réalisées selon cette technique sont uniques et puissantes  grâce à l’alchimie des quatre éléments qui  les composent.

 

Le Raku nu

Une variante du Raku, utilisée pour le trophée TerrEthique, est la technique du « Raku nu ». La pièce apparait nue, sans émail. La surface est lisse, très douce au toucher et animée par des filaments noirs surgissant au hasard.

La coupole du trophée TerrEthique est réalisée avec de la terre rouge légèrement chamottée et traitée avec  la technique du Raku nu. 

Comment ça fonctionne ?

Une fois les pièces façonnées,  elles  sont  polies aux différents stades du séchage à l’aide d’une pierre semi-précieuse (une agate par exemple) et  biscuitées à 980°.

Ensuite, sur les pièces cuites, on réserve les endroits que l’on désire teinter de noir (les signes graphiques et la fente) en appliquant de la cire liquide à l’aide d’un pinceau fin. Puis les pièces sont engobées, c’est-à-dire recouvertes d’une couche intermédiaire assez épaisse d’un mélange de silice et de kaolin. Cette matière va permettre le décollement de l’email appliqué par-dessus. On procède alors à la deuxième cuisson (environ une heure) qui va provoquer les craquelures puis l’infiltration de la fumée lors de l’enfumage. Encore chaudes, les pièces sont plongées dans l’eau et libérées de la coquille constituée par l’email. Une fois nettoyées, les coupoles surgissent rondes et  douces sous un aspect satiné qui invite le toucher.

Les socles en ébène attendent qu’elles s’y posent et  les graines en métal or qu’elles viennent les magnifier.

 

Création : Maria Magdalena Larrain (artiste plasticienne, céramiste)

 

 

 

 


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