Voyage au Costa Rica

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8 novembre 2012 : quelque part dans le ciel entre Francfort, Madrid et San José

 

Ça y est. Je crois que ça y est. Enfin ! Après une traversée de l’océan qui m’a paru interminable, il semblerait que l’avion amorce sa descente. Mes jambes engourdies et douloureuses frétillent d’impatience. Elles ne sont pas les seules. Depuis 6 mois que je prépare ce voyage, l’enthousiasme du début a laissé progressivement place aux complexités administratives et médicales, aux histoires de banques et d’assurance, aux formalités de dernières minutes et aux courses dans l’urgence… jusqu’à ce départ, presque impromptu au lendemain d’une nuit blanche. La réalité rattrape enfin ce que l’océan des paperasses avait presque submergé. Dans l’avion, je prends progressivement conscience de ce qui est en train de se passer pour moi. Un stage de trois mois au Costa Rica ! Un épisode de vie finalement assez banal qui se résumera peut-être un jour à une ligne sur mon CV. Mais pour moi, c’est le voyage des premières fois. Première fois que je quitte mon univers aussi longtemps. Première fois que je traverse l’océan. Première fois que je passe sous le tropique du cancer. Première fois que je vais vivre dans un pays dont je ne maîtrise pas la langue. Première fois que mes rêves de globe-trotter se concrétisent…. Du haut de mes 21 ans, cette accumulation de première fois sonne un peu comme une entrée plus véritable dans « la vie adulte ».

 

 

            Et pourtant, j’en ai mis du temps à trouver mon stage. Outre la difficulté de trouver un organisme d’accueil validé par mon école d’agronomie, il fallait surtout parvenir à définir mes envies et à évaluer mes forces disponibles. Certes, depuis le lycée, l’envie de voyager me poursuit. Parcourir notre vaste monde, aller à la découverte d’univers différents, tisser des liens sur tous les continents… A l’époque, je me sentais enfermée dans des normes occidentales réductrices et rêvais d’ouvrir mon esprit à l’inconnu, à la diversité des peuples et des cultures qui font la richesse de notre belle planète. Il me semblait qu’il y avait tant à faire, tant à vivre en-dehors de notre routine quotidienne ! Certes.

 

Avec le temps mon discours s’est nuancé mais je suis resté fidèle à mes rêves de voyage que je désirais réellement concrétiser dès que l’occasion se présenterait. Mais le principe de réalité met les rêves à rude épreuve. Il ne s’agit plus d’envisager des voyages au quatre coins du monde… il s’agit de partir maintenant, de savoir où précisément et de décider comment. A ce moment du processus, l’aide des amis et de la famille s’avère très précieuse. Pour ne pas prétendre à un objectif qui me dépasse. Comment savoir si je vais m’adapter ou non ? Si je vais supporter le choc culturel, les aléas climatique, le contraste de développement ? Les questions se bousculent, les doutes s’accumulent… Et puis je finis par contacter Éric par l’intermédiaire d’une amie qui a vécu au Costa Rica. Au départ pour lui demander des contacts dans le domaine de l’agroécologie tropicale. Et puis au fil des discussions il m’expose sa situation. Il est le président d’une association pour la liberté des semences et semble en connaître un rayon sur la filière biologique dans le pays qu’il souhaite développer Son projet me plaît… En fin de compte, il sera mon maître de stage.

 

 

Les gens commencent à piaffer d’impatience. Depuis deux ou trois heures, l’atmosphère dans l’avion se fait pesante. Les enfants crient, les gens s’énervent facilement. Face à la queue sans cesse renouvelée devant la porte des toilettes je reporte à un autre continent mon envie de faire pipi. Pour penser à autre chose, je tourne mon regard vers le hublot pour tenter d’apercevoir un fragment d’Amérique. Il y a encore trop de nuages. Mon voisin me sourit. Il comprend bien mon excitation teintée d’appréhension. Il connaît d’ailleurs à peu près tout de ma vie maintenant. Le comble c’est qu’il est allemand. Moi qui espérait peaufiner mon espagnol pendant le trajet, c’est raté. Mais il est tout excusé, il a accepté de me donner ses biscuits,  seul produit acceptable du repas de l’avion. Les compagnies les moins chères ont leur lot de désagrément. C’est ce genre de considération qui occupe mes pensées lorsque mon voisin me tire par le bras. Ça y est ! Les nuages se sont dissipés, je vais enfin pouvoir voir à quoi ressemble le Costa Rica vu du ciel…

 

               Du vert… Rien que du vert ! Je sais que le territoire du pays comprend de nombreuses forêts et zones naturelles protégées, c’est d’ailleurs l’un des éléments qui a guidé mon choix. Mais là, le contraste avec la zone urbaine de Francfort et de Madrid est saisissant ! De notre point de vue, les collines verdoyantes et vallonnées se succèdent, presque sans interruption. De temps en temps une route. On devine des véhicules. Quelques habitations éparses. De plus en plus nombreuses jusqu’à former une sorte de grand village. Mais… c’est la capitale ! Le signal sonore pour accrocher nos ceintures ne trompe pas, nous allons atterrir à San José. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Comme avant toutes les premières fois. Mais cette fois, nous sommes au prélude d’une dizaine de premières fois…

 

 

 

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Écrit par : , le 30 janvier 2013 imprimer Partager par email partager sur facebook partager sur Twitter Flux rss des commentaires
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1 réaction

  1. Fernique /

    Eh ben, encore une aventure qui commence, ma puce !!!
    C une super idée !
    Tes fans attendent avec impatience les chapitres suivants !!!
    On t’embrasse fort !
    Pap et Mam

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